Témoignage de Renaud

Bonjour,

J’ai été impacté par des phobies sociales et de pensées intrusives (une forme de TOC) à partir de l’adolescence. J’ai rapidement commencé à traiter ces angoisses avec l’alcool; d’abord en société, puis de manière quotidienne. Une habitude qui s’installe rapidement et perdure;  il m’aura fallu de nombreuses années avant de trouver le courage d’arrêter.

Pour le sevrage, je me suis fait aider par mon médecin traitant. J’ai eu recours aux anxiolytiques un temps, je sais que depuis, il existe aussi des traitement plus efficaces qui dégoutent de l’alcool. Une fois sevré, après quelques temps, j’ai commis l’erreur que beaucoup font : penser qu’on va pouvoir recommencer à boire avec modération ; on reboit un verre de temps en temps et très vite on vide une bouteille en un soir. Donc retour au sevrage, j’ai fait deux rechutes avant d’imprimer que la modération ne sera pas possible.

Pour ne pas rechuter:

–  Déjà, je connaissais la cause de mon alcoolisme : l’anxiété, je buvais pour éteindre mon cerveau. C’est une premiere étape qui n’est pas forcement évidente pour tout le monde. L’anxiété et/ou la dépression sont les grands classiques mais quand on sait d’où vient l’addiction, on peut plus facilement s’attaquer a sa cause. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai pas trouvé mon bonheur au sein des Alcooliques Anonymes, dont la doctrine présente l’addiction comme une force invisible presque mystique alors qu’a mon avis, ce n’est qu’un symptôme.

– La honte d’être alcoolique était aussi elle même devenue une source d’anxiété, donc une fois sevré et correctement médicamenté, il s’est formé un cercle vertueux.

–  Enfin, le souvenir des semaines d’angoisse endurées à chaque sevrage m’a motivé à ne pas rechuter.

– C’est au sein de Médiagora que j’ai appris les définitions de la phobie sociale et des TOC, en échangant avec les autres. Jusque là, je pensais être le seul sur terre à avoir ces angoisses. Du coup, j’ai pu trouver un psychiatre et mieux expliquer mes problématiques. J’ai commencé un traitement aux antidépresseurs qui a été très efficace.

Pour ce qui est de l’accompagnement, je fréquente un forum de discutions https://www.reddit.com/r/stopdrinking/ (en anglais) et Médiagora.

Moralité : ne restez pas seul avec vos problèmes d’addictions.

Renaud

Témoignage de Pascal

Bonjour,

j’ai attendu plusieurs années avant de témoigner, car je voulais être certain de la solidité de mes progrès. Il y a donc quelques années, je venais de loin à ces séances d’échanges de Médiagora Lyon. C’était à la fois des petits défis sur moi même et de bonnes bouffées d’oxygène, des parenthèses dans ces angoisses si envahissantes.

J’ai beaucoup apprécié les mises en situations par les petits sketchs. C’est quelque chose que je poursuis encore aujourd’hui et depuis 6 ans dans une troupe de théâtre amateur locale. C’est un trac fou mais un réel bonheur lors des représentations de fin d’année.

Par ces petits défis sur mes angoisses, toujours bien calculés juste au dessus de mes limites de l’instant, j’ai réussi petit à petit, tout en trouvant un psychologue avec qui le courant passait bien, à refaire des choses à l’époque impossible : entrer dans un magasin, demander quelque chose, répondre au téléphone en présence d’un tiers au travail, etc…

De fil en aiguille et à mon rythme c’est en quelque sorte un réapprentissage de la vie sociale qui s’est réalisé.
Parfois je vais sonner à une porte quand je suis perdu pour demander mon chemin, et après coup je réalise que je ne me suis même pas posé la question de savoir si cela était angoissant…

Je ne me pose plus toutes ces questions auxquelles je voulais absolument avoir des réponses.
J’ai eu la chance d’avoir des amis qui m’ont soutenu, qui m’ont encouragé quand j’ai essayé la sophrologie, le shiatsu …  je suis à nouveau sorti un peu, j’ai trouvé une copine.

Nous avons emménagé ensemble puis l’année dernière nous avons eu un petit garçon.
Moi qui étais certain que cela ne m’arriverait jamais …

Voilà en quelques mots mon parcours depuis mon passage à Médiagora Lyon.
Pour tout cela je vous remercie tous vivement et je souhaite à tous ceux qui connaissent des difficultés de trouver à leur tour leur chemin vers le bien être.

Amicalement

Pascal

Témoignage de Michelle

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai été très fortement touchée par l’agoraphobie ainsi que la phobie sociale associée.

Voici quelle était ma situation, il y a encore quelques années :

Ma « maladie » -on peut dire que c’en est une dans ces cas-là, m’a d’abord fait perdre mon travail : secrétaire de direction dans un hôpital. Bref, après 5 années d’arrêt longue maladie et maladie longue durée, j’ai été contrainte et forcée de prendre « une retraite anticipée pour incapacité de reprendre mon travail ». Etre contrainte de prendre sa retraite avant 40 ans, ça n’est pas cool (sauf chez les militaires ou les sportifs). On doit se contenter de peu d’argent et les gens vous regardent bizarrement.
Bref, si le seul problème était là, ce ne serait pas le plus grave. Mais une fois chez moi (à la retraite), je ne pouvais pas sortir pour faire mes courses (pas de supermarchés, ni même de petits magasins, jusqu’à parfois ne pas pouvoir aller acheter mon pain à la boulangerie du coin ou guetter de la voiture s’il y avait du monde dans le magasin afin de ne pas avoir à attendre, car là, c’était impossible). Mes jambes en cas d’attente debout me donnaient la sensation de ne plus me porter et j’étais toujours obligée de m’accrocher à quelque chose ou de m’adosser. Pas facile, il m’est arrivée ainsi de renverser des étalages et de me faire encore plus remarquer, le comble quand on a peur des autres.
Impossibilité aussi de prendre le bus -le métro encore moins- et pour la voiture, je m’y sentais un peu protégée à condition que je l’utilise dans un périmètre donné et connu- pas loin de chez moi et surtout attention s’il y a une déviation, c’est l’angoisse car je peux me perdre et cela déclenchait la panique.
Marcher à pied aussi était difficile car comme je me sentais souvent vertigineuse, j’avais la sensation de tanguer. Cela devait d’ailleurs se voir, car des voisins m’avaient fait le remarque, pas follichon !
Peur d’être invitée (inventer des excuses bidon pour ne pas y aller), pas de ciné, de spectacles…

Et aussi la peur d’être seule chez moi. A cette époque, je vivais encore avec mon futur ex-mari et mes filles allaient au collège et lycée.Et donc , lorsque tout le monde était parti à ses occupations, j’étais seule chez moi et souvent la panique me prenait -peur de ce qui pouvait m’arriver si je tombais, si j’allais pas bien, si et si et si…. Je pleurais, je criais seule, même n’osant parfois plus trop bouger de peur de tomber. Bref, un vrai chemin de croix tout ça.

De vous en parler, c’est dur, mais je m’en suis sortie, même si je ne l’aurais jamais cru.

*     *

*

J’ai d’abord suivi (comme pas mal d’entre nous) une thérapie classique, avec un psy non spécialisé dans les TCC ni même dans les phobies. Thérapie sur plusieurs années qui m’a servi à me connaître mieux certes et à parler de mes problèmes d’enfance liés à mon entourage (soeur handicapée). Cela m’a permis d’évacuer beaucoup de choses, y compris la perte de mon travail. Mais je n’améliorais pas mes troubles phobiques, malgré prise d’antidépresseurs et anxiolytiques.
Alors, j’ai essayé durant plus d’une année de voir un psy TCC. Au début, j’y croyais ferme. Des petits exercices à faire, noter mes angoisses sur un petit carnet. En même temps, j’avais réussi à sortir de temps en temps un peu plus le bout de mon nez dehors.Mais les rechutes étaient encore plus fortes et là, je ne faisais plus rien. Et le psy ne m’encourageait pas et même semblait dire que je n’y mettais pas du mien. Bref, j’ai arrêté avec lui, découragée.

Je pensais que je n’aurais jamais de solutions et que je resterai toujours ainsi. La vie me paraissait vraiment très triste.

L’idée de mettre en place une association de personnes « comme moi » germait depuis pas mal de temps, mais je ne savais comment réaliser cela avec tous mes troubles et angoisses. Lorsque j’ai enfin décidé de m’y mettre, j’ai fait connaissance -par personnes interposées- d’un psy TCC qui a été le bon (POUR MOI, bien sûr) cette fois ! Je précise « pour moi », car je suis réellement persuadée qu’un thérapeute qui convient à un patient ne sera peut-être d’aucun secours pour un autre.

Bref, cela a débouché sur 2 années de TCC. Les 6 premiers mois très hard, pour désamorcer la machine angoisses et paniques, et mes idées reçues. Mais quelle joie petit à petit de pouvoir refaire des choses simples pour tout le monde.

A chaque fin de séance, j’avais des exercices à faire quotidiennement chez moi ou hors de chez moi. Et je devais noter les pensées automatiques qui en découlaient (peur de m’évanouir, par ex…), le degré d’anxiété qui accompagnait (sur 10), et ajouter une pensée rassurante (si je m’évanouis, pas grave y’a du monde qui va me secourir).
Un travail de tous les jours pour réapprendre à monter dans un bus, un métro, aller me promener en ville, retourner dans un supermarché faire mes courses (seule, bien sûr), et petit à petit, aller dans une soirée, au ciné (d’abord accompagnée, puis près de la sortie au cas où…), etc.

Un travail de Titan que j’ai gardé chez moi (plusieurs cahiers et feuilles simples).

Et pas question de se désister de ce que j’avais à faire. C’était les consignes très strictes de mon psy.
Mais maintenant, je suis heureuse de n’avoir pas cédé à l’envie de me défiler.

Cette TCC a été pour moi un remède fabuleux à tous ces problèmes, même si ce fut dur et si j’ai dû prendre aussi un antidépresseur pour faciliter le travail de cette psychothérapie. J’ai aussi bénéficié du fait que la création de l’association Médiagora Lyon m’a forcée à me bousculer et à me battre pour faire quelque chose de constructif.

*      *

*

Depuis 2005, j’ai la joie de revivre normalement. Bus, métro, sorties, vacances, être bien avec les autres car j’aime profondément les gens. Mes proches, mais aussi les membres de Médiagora Lyon qui sont un peu ma famille élargie.

Même si je sais que je suis toujours un peu fragile et que de temps en temps si je suis plus fatiguée ou si j’ai du souci, quelques symptômes peuvent réapparaître, je les connais et j’arrive à gérer et à me dire que c’est pas grave.
Ma devise maintenant : « profiter de tout ce que je peux faire qui me fait plaisir, car j’ai du temps à rattraper ».

Mais aussi, mon bonheur passe aussi par celui des autres et par l’aide que je peux leur apporter.
Voilà, j’ai été un peu longue, mais il m’était difficile de résumer davantage.

Victimes de l’Agoraphobie, ne vous découragez-pas, vous vous en sortirez un jour.
Mes encouragements vont également à tous ceux qui souffrent de Phobie Sociale ainsi que d’Anxiété Généralisée.

Michelle

NB: TCC = Thérapie Cognitive et Comportementale (et Emotionnelle)

Témoignage de Vanessa

Bonjour,

je suis étudiante, j’ai 21 ans, et j’ai fréquenté les rencontres Médiagora durant environ 2 ans jusqu’en mai 2009.

Je souhaite vous expliquer la nouvelle et première vraie thérapie que j’ai entamée; Médiagora m’a beaucoup aidé à prendre conscience et à atténuer mes troubles anxieux dûs à la phobie sociale, mais j’ai décidé d’aller plus loin et de faire une thérapie; j’ai beaucoup hésité avec la TCC, mais finalement j’ai choisi la solution à laquelle je pensais depuis longtemps et la plus proche de chez moi: l’hypnose éricksonienne.

Je consulte donc une psychothérapeute en thérapies brèves, diplômée de l’INLPTA, praticienne certifiée en hypnose éricksonienne, INESS et PNL, pour phobie sociale, et ce qui va avec (pour ma part):
-érythrophobie (en psychologie, crainte excessive à caractère pathologique de rougir en public)
-anxiété généralisée
-pour éviter le phénomène psychosomatique du trouble panique
-mauvaise estime de soi
– etc.

J’attendais de voir les progrès avant de vous en parlez. Alors voilà:

Au début de chaque séance, je lui explique comment j’ai vécu les différents évenements de la semaine, et cette femme très dynamique analyse avec moi ce qui se passe, comment je dois faire pour me sentir mieux;
elle rappelle qu’un travail sur soi est nécessaire: il fallait me convaincre moi-même que je ne suis pas « inférieure », que je suis pleine de ressources, que je veux m’en sortir, pour que mon inconscient cesse de s’habituer à des pensées négatives, sinon la thérapie ne fonctionne pas.

Puis nous commençons les séances; il faut bien se renseigner sur le fonctionnement de l’hypnose éricksonienne pour comprendre que ce n’est pas un état d’hypnose comme on le voit dans les spectacles par exemple, mais de la sophrologie encore plus poussée (du moins je l’ai ressenti comme ça), pour faire tout un travail sur soi et pour que l’inconscient entende les paroles bénéfiques de la psychothérapeute.

C’est un peu complexe à expliquer, mais les effets commencent vraiment à se faire ressentir; rien de miraculeux bien sûr, mais de petits pas chaque jour: je me sens plus à l’aise pour non plus « affronter » les autres mais leur parler et participer tout simplement à une conversation.
Il y a encore beaucoup de travail, mais je pense avoir bien progressé.

Cette psychothérapeute a prévu dès janvier de faire des séances non plus seulement individuelles mais de groupe avec ses patients « phobiques sociaux » (enfin je ne devrais pas dire ça car il ne faut pas se catégoriser, ça fait partie de la thérapie) pour arriver à parler de tout et de rien en groupe, le samedi matin.

Elle est très efficace, et m’a extrèmement bien cernée et très vite. En quelques séances, j’ai compris des choses que je n’avais pas réalisées durant toutes ces années, et surtout je m’affirme petit à petit et j’avance un pas après l’autre.

Mais bien sûr ce n’est qu’une thérapie parmi d’autres, et comme d’autres l’on rappelé: à chaque patient son praticien, et à chaque cas sa thérapie. Je voulais simplement vous faire partager mon expérience positive!! Comme le dit ma psy, la phobie sociale (ou autre trouble) est un comportement passager (même s’il peut durer longtemps) mais en aucun cas elle ne fait partie de sa personnalité, de son caractère, donc tout peut changer!

Pour plus d’informations, vous pouvez chercher sur wikipedia (ou d’autres sites):

-La PNL: programmation neuro linguistique, reconnue et pratiquée par de nombreux psychothérapeuthes.

-l’INESS: intégration neuro émotionnelle à l’aide de stimuli sensoriels (bien mettre l’expression entre guillemets sur le moteur de recherche);

en lien avec l’EMDR: L’Eye Movement Desensitization and Reprocessing (suite au syndrome post traumatique).

Vanessa

Témoignage de Manuel

Eh bien pour bien faire je vais commencer par me présenter.

Je m’appelle Manuel et je suis un « ancien » de l’association médiagora comme on aime à le dire 😉

Mon principal trouble était la phobie sociale et cette association Médiagora Lyon a été un soutien très important dans mon « combat » pour diminuer ce trouble. Je dis « était » car oui je peux dire aujourd’hui que je ne suis plus phobique social, j’ai juste gardé un fond de timidité mais cela je l’effacerai pas ni jamais lol et d’ailleurs je ne le souhaite pas car cela fait parti de mon charme il parait…

[…]

Enfin voilà, j’espère que ce petit message vous invitera à oser sortir de ce silence, de cette solitude, de cette peur qui coupe de la vie… à oser fendre la carapace 🙂

Manuel

Témoignage de Sarah

Je vais beaucoup mieux.
Je ne suis plus anxieuse comme avant, du coup plus d’attaque de panique. Je reste très fragile et surtout très peureuse, mais cela ne m’empêche plus de vivre. Je continue une thérapie dans le but de ne plus avoir ces peurs handicapantes, mais dans l’ensemble je gère.

Je remercie sincèrement tous les organisateurs de Médiagora pour leur aide et leur soutien. Vous êtes en bonne partie responsable de l’amélioration de mon état et ce n’est pas rien.

Bonne continuation à tous.

Sarah

Témoignage de Céline

Ma phobie sociale a été très difficile a diagnostiquer. J’ai commencé à voir des psychiatres ou psychologues au collège dès l’année de sixième sans réellement savoir ce qui n’allait pas. Parfois, le matin, des angoisses très profondes m’envahissaient et m’empêchaient d’aller en cours. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.

Sans trouver de solutions à mon trouble, j’ai vu de nombreux médecins jusqu’à la fin du lycée. Je n’ai pas eu de difficultés scolaires, au contraire j’avais de très bons résultats surtout au collège. J’étais néanmoins très seule, je côtoyais peu de jeunes de mon âge. J’avais l’impression que mes camarades ne m’aimaient pas beaucoup et qu’ils me prenaient pour leur tête de turc.

Au lycée, cette sensation d’isolement s’est légèrement estompée, mais je pense que je me suis menti à moi-même, pour moins souffrir de ma condition. En effet, c’est à cette période que l’on doit commencer à se débrouiller seul, sans l’aide des parents, pour devenir autonome. Et ce n’était malheureusement pas mon cas. J’avais besoin d’être accompagnée dans la moindre de mes démarches, je n’arrivais pas à téléphoner, j’étais entièrement dépendante de ma mère et de mes amis peu nombreux.

J’ai finalement passé et réussi mon bac sans trop de tumulte. A la rentrée suivante, je devais faire une année de mise à niveau en arts appliqués. En effet, j’avais réussi le concours d’entrée.

Au bout d’une semaine de cours, j’ai dû  tout arrêter.

J’ai fait une grave dépression et je me suis retrouvée aux urgences psychiatriques après avoir eu une grosse crise d’angoisse, me semble-t-il. Suivit, une période de repos forcé de deux mois dans une clinique, totalement inadaptée à mon cas. J’y ai vécu des moments très difficiles, j’y étais encore plus perdue qu’auparavant.

Entre temps, au fur et à mesure de lectures et de reportages télévisés, j’ai assimilé mon problème à de la phobie sociale. J’ai obtenu par l’intermédiaire de ma mère (évidemment), des rendez-vous avec des thérapeutes comportementalistes plus ou moins honnêtes. J’ai finalement rencontré après de longs mois d’attentes le bon spécialiste. Cette thérapie comportementale était pour moi la seule issue, la seule chance de m’en sortir. J’y ai donc mis tout mon courage et toute ma force. Le début a été difficile, il fallait rompre ce lien trop pesant avec ma mère. Cela a duré seulement six mois qui ont été d’une considérable efficacité. J’étais énormément motivée et désireuse de changement.

A la suite de ses soins, j’ai repris les cours avec succès à la fac et repris une vie normale. Je suis maintenant beaucoup plus épanouie et je ne souffre plus des angoisses passées. J’ai enfin une vie sociale comme tout le monde.

Céline

Témoignage de Florence

Je me souviendrais toute ma vie de mon 1er rendez-vous chez le psy. C’était un soir de décembre, il pleut. Moi aussi je pleux, enfin je pleure : comme une madeleine, je me vide : « docteur, je me sens comme une petite fille (j’ai 26 ans pourtant), je suis complètement bloquée devant les autres, et puis j’ai peur, tout le temps ».

Diagnostic du professionnel : phobie sociale. Il m’explique sa façon d’opérer : une exposition régulière et progressive aux situations que je redoute avec en parallèle un travail sur mes pensées. Une thérapie cognitive ça s’appelle. Il me donne un livre à lire : « La Thérapie Cognitive » de Philippe Brinster (*). Il me laisse du temps pour réfléchir, puis si je suis d’accord, je contacte sa secrétaire.

Le livre je ne le lirais pas tout de site, j’ai peur de ce que je vais trouver dedans, je ne veux pas être confrontée à ma souffrance. Je recule, je freine. Mais j’adore lire, et un jour je me plonge dedans, et je l’avale, oui c’est moi, oui je me reconnais, oui on peut s’en sortir, oui je veux m’en sortir.

Ma thérapie durera 2 ans : j’apprends à faire une demande, une critique, à recevoir un compliment. Je ne rate aucun rendez-vous chez le psy, et je fais mes exercices. Parfois je n’ai rien à lui dire au psy, c’est là que j’ai droit à une grande leçon sur les vertus du silence. D’autres fois je n’arrive pas à lui parler au psy, j’ai mal, c’est dur. Alors le professionnel appuie sur la touche « eject » et ça sort, je pleure à gros sanglots mais psy est content, nous avons progressé. Mort le venin.

Et voilà que je reprends confiance en moi, je sais demander sans faiblir une augmentation à mon patron, faire une critique à ma collègue (une véritable mauvaise langue), je sais mettre un mot sur mes émotions, surtout les négatives, je sais dire quand je suis triste, en colère, malheureuse….Fin de la thérapie.

Mais le travail sur moi-même n’est pas fini. Bien sûr je maîtrise les techniques qui me servent à être à l’aise dans mes relations sociales, mais je ne suis pas à l’aise avec moi-même. Mon estime de moi est à 0. j’ai une petite voix intérieure qui ne cesse de me harceler : « t’es nulle, t’es moche, t’es grosse, conne, tu resteras toute seule toute ta vie, t’es bonne à rien ma pauvre fille ! ».

Alors je retourne chez le psy, et nous décidons de lui casser la gueule à cette voix intérieure. Elle ne va quand même pas détruire des années de travail non mais !!!

Pour cela j’entame une thérapie de groupe avec jeux de rôles. Cette thérapie choc (je vous la raconterais une autre fois chers lecteurs) s’est terminée en janvier 2003. Ma voix intérieur s’est tue, me laissant l’esprit plus clair pour appliquer l’affirmation de soi ; je suis plus lucide, plus sereine. J’ai 32 ans aujourd’hui, la semaine prochaine je déménage dans un autre département, je change de boulot et je commence enfin une vie de couple.

Et vous savez quoi, je n’ai pas peur. Pas mal non pour une ex phobique sociale ?

Florence

(*) ce livre est épuisé mais une nouvelle version (du même auteur) est disponible sous le titre « Pensez positif » (voir aussi les bibliographies données par les autres sites Mediagora).